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Mal des transports : 8 solutions qui marchent vraiment (voiture, bateau, avion, train)

Mal des transports : 8 solutions concrètes testées. Placement, horizon, médicaments (Scopoderm, Mercalm), gingembre, Sea-Band. Cas voiture, bateau, avion, train.

Par Sophie M.
· 10 min de lecture · Mise à jour le 15 juin 2026

En bref : le mal des transports vient d’un conflit entre ce que vos yeux voient et ce que votre oreille interne ressent. Pour le couper, agissez sur trois leviers : la position dans le véhicule, le regard fixé sur l’horizon, et si besoin un médicament pris avant le départ. Le patch de scopolamine reste le plus efficace sur les longs trajets en mer.

Je passe une grande partie de l’année sur des bateaux de plongée, dans le Pacifique, et j’ai vu des dizaines de passagers verts dès la sortie du lagon. La cinétose (nom médical du mal des transports) touche surtout les enfants de 2 à 12 ans et les femmes, mais personne n’est totalement immunisé. La bonne nouvelle : ça se gère. Voici les 8 solutions que je recommande, classées de la plus simple à la plus lourde, avec ce qui change selon que vous êtes en voiture, en bateau, en avion ou en train.

1. Bien se placer dans le véhicule

Pourquoi : plus vous êtes près du centre de gravité du véhicule, moins vous subissez les mouvements. C’est le réglage gratuit le plus efficace, et il change tout.

Le bon emplacement selon le transport :

  • Voiture : à l’avant, place passager. Conduire soi-même supprime presque toujours la nausée, car le cerveau anticipe les mouvements.
  • Bateau : au centre du navire, le plus bas possible, près de la ligne de flottaison. C’est là que le roulis et le tangage sont les plus faibles. Sur un ferry, visez le pont du milieu, jamais la poupe.
  • Avion : au-dessus des ailes, entre les rangs 10 et 20 sur un moyen-courrier. C’est le point d’équilibre de l’appareil, le moins secoué en turbulences.
  • Train : dans le sens de la marche, jamais à reculons. Côté couloir si vous êtes sensible, pour éviter le défilement du paysage.

Sur mes sorties plongée, je place systématiquement les débutants au milieu du bateau, assis bas. Ceux qui vont à la proue “pour mieux voir” sont aussi ceux qui rendent leur petit-déjeuner.

2. Fixer l’horizon

Pourquoi : regarder un point stable et lointain réaligne l’information visuelle avec ce que ressent l’oreille interne. Le conflit sensoriel diminue, la nausée recule.

En pratique :

  • Bateau : fixez la ligne d’horizon, pas les vagues proches ni le pont qui bouge. Restez sur le pont extérieur si possible, l’air libre aide.
  • Voiture : regardez la route loin devant, par le pare-brise, pas sur le côté.
  • Avion : difficile en cabine. Fermer les yeux et incliner le siège fonctionne souvent mieux ici.
  • Train : regardez loin devant dans le sens de la marche, pas les poteaux qui défilent près de la vitre.

L’erreur classique : sortir son téléphone pour “passer le temps” pendant que l’estomac proteste. C’est la garantie d’aggraver les choses (voir solution 7).

3. Le gingembre

Pourquoi : le gingembre réduit les nausées, un effet documenté par plusieurs études cliniques, notamment sur les nausées de grossesse et postopératoires. Sans effet sédatif, contrairement aux médicaments, ce qui en fait une option intéressante pour les enfants et au volant.

Comment l’utiliser :

  • Environ 1 g de gingembre, pris 30 à 60 minutes avant le départ.
  • Sous forme de gélules (en pharmacie), de bonbons, de gingembre confit, ou de tisane.
  • Renouvelable pendant le trajet sur les longs parcours.

C’est mon réflexe de base sur le bateau, en complément du bracelet (solution 5). Effet modéré mais réel, et zéro somnolence. À tester avant de sortir l’artillerie médicamenteuse.

4. Médicaments : ce qui existe en France

Quel médicament contre le mal des transports choisir ? En France, trois familles : les antihistaminiques (Mercalm, Nausicalm, Nautamine), le patch de scopolamine (Scopoderm) pour les cas sévères, et l’homéopathie (Cocculine). Tous se prennent avant les premiers symptômes, jamais après.

Demandez conseil à votre pharmacien ou votre médecin avant de prendre l’un de ces médicaments, surtout pour un enfant, une femme enceinte, ou en cas de traitement en cours. Cette page est informative, elle ne remplace pas un avis médical.

MédicamentMoléculeQuand le prendrePoints d’attention
Mercalm, Nausicalmdimenhydrinateenviron 1 h avant le départsomnolence fréquente, déconseillé au volant
Nautaminediphénhydramineenviron 30 min à 1 h avantsomnolence, bouche sèche
Scopoderm (patch)scopolamine6 à 12 h avant, derrière l’oreillesur ordonnance, interdit avant 15 ans, contre-indiqué grossesse et allaitement
Cocculinehoméopathiela veille puis le jour Jsans somnolence, efficacité non démontrée scientifiquement

Le patch de scopolamine est la référence pour les croisières ou les longues traversées : il agit jusqu’à 72 h. Posez-le sur une peau sèche et sans poils derrière l’oreille, et lavez-vous bien les mains après (le contact accidentel avec l’œil dilate la pupille). Selon VIDAL, il s’applique au moins 4 heures avant le départ.

Avis tranché : les antihistaminiques type Mercalm sont efficaces mais assomment. Sur un vol où vous voulez dormir, parfait. Sur une route de montagne où vous conduisez, à éviter absolument.

5. Bracelets d’acupression (Sea-Band)

Pourquoi : les bracelets type Sea-Band exercent une pression sur le point P6 (Nei-Kuan), situé à trois doigts sous le pli du poignet. Ce point est utilisé contre les nausées en médecine chinoise, et plusieurs études cliniques lui reconnaissent un effet sur les nausées postopératoires et de grossesse.

L’intérêt :

  • Aucun effet secondaire, aucune somnolence.
  • Utilisable dès 3 ans.
  • Réutilisable à l’infini, environ 10 € la paire.
  • Compatible avec le gingembre et les médicaments.

Je suis honnête : l’effet placebo joue sans doute une part. Mais sur des enfants, où l’on hésite à donner un médicament, c’est une première ligne sans risque. Beaucoup de mes passagers ne jurent que par eux.

6. Manger léger et bien s’hydrater

Pourquoi : l’estomac vide comme l’estomac trop plein favorisent la nausée. Un repas léger avant le départ, et de petites gorgées d’eau pendant le trajet, stabilisent les choses.

À faire et à éviter :

  • Avant : un repas léger 1 à 2 h avant, à base de féculents (pain, riz, biscuits secs). Évitez le gras, l’alcool et le café.
  • Pendant : grignotez des biscuits secs, buvez de l’eau par petites quantités. Évitez les boissons gazeuses sucrées.
  • Sur un bateau : ne descendez pas en cabine pour cuisiner ou manger l’estomac retourné. L’odeur de carburant ou de friture déclenche la crise.

L’alcool la veille d’une traversée est un piège classique. La gueule de bois et le roulis forment un duo redoutable, je l’ai vu trop souvent au départ de Nouméa.

7. Couper les écrans et la lecture

Pourquoi : lire un livre, regarder son téléphone ou une tablette aggrave fortement le mal des transports. Vos yeux fixent un objet immobile pendant que votre corps bouge, ce qui maximise le conflit sensoriel.

Ce qui marche à la place :

  • En voiture et en bateau : regardez dehors, fixez l’horizon, ou fermez les yeux et somnolez.
  • En train, le seul cas un peu tolérant : si vous lisez, tenez le support à hauteur des yeux et faites des pauses régulières vers la fenêtre.
  • Pour les enfants : un jeu audio, une chanson ou une histoire racontée vaut mille fois mieux qu’une tablette à l’arrière de la voiture.

C’est la cause numéro un du mal des transports chez l’enfant en voiture : la tablette calée sur les genoux. Coupez-la, ouvrez la fenêtre, faites-le regarder devant.

8. Air frais et respiration

Pourquoi : l’air frais et une respiration lente calment le système nerveux et limitent la sensation de nausée. La chaleur, le confinement et les odeurs fortes (carburant, parfum, nourriture) font l’inverse.

Les réflexes simples :

  • Ouvrez la fenêtre en voiture, sortez sur le pont en bateau, dirigez la buse d’air vers votre visage en avion.
  • Respirez lentement par le nez, comptez quatre temps à l’inspiration, six à l’expiration. Cette respiration longue active le système nerveux parasympathique et calme la nausée.
  • Évitez de vous parfumer avant un trajet sensible, et fuyez la zone fumeurs ou cuisine sur un ferry.

Cas particulier : les enfants

Les enfants de 2 à 12 ans sont les plus touchés, et c’est l’âge où l’on veut éviter les médicaments. Ma hiérarchie pour eux :

  1. Placement à l’avant ou au milieu, regard vers l’avant.
  2. Bracelet Sea-Band taille enfant, dès 3 ans.
  3. Gingembre en bonbon, si l’enfant accepte le goût.
  4. Aération et pauses régulières en voiture, toutes les 1 h 30 sur longue route.
  5. Médicament uniquement sur avis du pharmacien ou du médecin. Le dimenhydrinate existe en version pédiatrique, mais jamais sans validation, et le patch de scopolamine est interdit avant 15 ans.

Coupez les écrans en premier. Neuf fois sur dix, c’est la tablette à l’arrière qui déclenche tout.

Erreurs à éviter

  • Prendre le médicament après les premiers symptômes. Trop tard, ça ne fonctionne plus. Toujours en préventif, avant le départ.
  • Lire ou scroller pour “s’occuper” pendant que ça tangue.
  • Partir l’estomac complètement vide en pensant bien faire. L’estomac vide aggrave la nausée.
  • Donner un patch de scopolamine à un enfant. Interdit avant 15 ans, effets secondaires sérieux.
  • Conduire après un Mercalm ou un Nautamine. La somnolence est réelle et dangereuse au volant.

FAQ

Quel est le médicament le plus efficace contre le mal des transports ?

Le patch de scopolamine (Scopoderm) est le plus efficace sur les longs trajets, notamment en mer, car il agit jusqu’à 72 h. Il nécessite une ordonnance et est interdit avant 15 ans. Pour un usage ponctuel sans ordonnance, le dimenhydrinate (Mercalm, Nausicalm) reste une option courante, à prendre 1 h avant le départ.

Le gingembre est-il vraiment efficace contre la nausée ?

Oui, plusieurs études cliniques documentent un effet anti-nausée du gingembre, à raison d’environ 1 g pris 30 à 60 minutes avant le départ. L’effet est modéré mais réel, sans somnolence. C’est une bonne option pour les enfants et les conducteurs.

Pourquoi a-t-on le mal de mer et comment l’éviter ?

Le mal de mer vient du conflit entre les mouvements du bateau ressentis par l’oreille interne et l’absence de repère visuel stable. Pour l’éviter : placez-vous au centre du navire, le plus bas possible, fixez l’horizon, restez à l’air libre et prenez un traitement préventif sur les longues traversées.

Les bracelets anti-nausée fonctionnent-ils ?

Les bracelets d’acupression (Sea-Band) pressent le point P6 du poignet, utilisé contre les nausées en médecine chinoise. Les études leur reconnaissent un effet sur certaines nausées. L’effet placebo joue probablement une part, mais ils sont sans risque, sans somnolence, utilisables dès 3 ans, ce qui en fait une bonne première option.

Que faire contre le mal des transports en avion ?

Choisissez un siège au-dessus des ailes (rangs 10 à 20 sur moyen-courrier), point le moins secoué. Dirigez la buse d’air frais vers votre visage, fermez les yeux ou inclinez le siège, évitez de lire ou de regarder un écran, et respirez lentement. En cas de sensibilité forte, un antihistaminique pris 1 h avant aide à dormir.

Le mal des transports disparaît-il avec l’âge ?

Souvent, oui. Il culmine entre 2 et 12 ans, puis diminue à l’adolescence et à l’âge adulte chez la plupart des gens. Certains adultes restent sensibles, en particulier en mer. L’habituation progressive (s’exposer régulièrement) réduit aussi la sensibilité avec le temps.

Conduire soi-même réduit-il le mal des transports ?

Oui, nettement. Au volant, le cerveau anticipe les mouvements du véhicule, ce qui supprime presque toujours la nausée. C’est pourquoi le conducteur a rarement le mal des transports, contrairement aux passagers, surtout ceux assis à l’arrière.

Conclusion

Sur le bateau, je commence toujours par le placement et l’horizon, bien avant les médicaments. Pour une simple sortie à la journée, le bracelet et un peu de gingembre suffisent à 80 % des passagers. Gardez le patch de scopolamine pour les vraies traversées, les croisières, les longues houles, et parlez-en à votre pharmacien une semaine avant le départ, pas la veille au soir.

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Article rédigé par Sophie M., plongeuse professionnelle et journaliste voyage spécialisée Pacifique. Dernière mise à jour : 15 juin 2026. Source : VIDAL, Ameli. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Sophie M.

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